L'actrice a témoigné hier soir à la médiathèque Jean-Falala de son expérience, de ses doutes, de son combat pour la cause des autistes.
Bernard SIVADE
Simple, disponible, touchante... L'actrice Sandrine Bonnaire était hier soir à Reims pour présenter « Elle s'appelle Sabine », un documentaire poignant qu'elle a réalisé sur sa petite s½ur autiste.
Très vite, le public présent dans l'auditorium de la médiathèque Falala a été saisi par les images, la sensibilité et la pudeur du film. Le récit de l'histoire de Sabine, à travers des archives personnelles filmées par la comédienne sur une période de 25 ans, était un témoignage criant de la pénurie de centres spécialisés et de ses conséquences dramatiques sur les personnes concernées.
Arrivée à la fin de la projection pour participer à un débat, Sandrine Bonnaire s'est livrée avec beaucoup de pudeur. « Il était important pour moi de mêler les images d'archives de Sabine avec celles d'aujourd'hui. C'est ce qui donne la force à ce film, le légitimise. On y voit les deux visages de Sabine. Avant quand elle était bien et aujourd'hui... ».
Deux visages
Faute de pouvoir être traitée dans un endroit adéquat en 1996, sa s½ur passera cinq ans d'hôpitaux en hôpitaux, ce qui pour Sandrine Bonnaire sera à l'origine de sa chute. « J'ai rapidement eu envie de faire un film quand je me suis aperçue que l'état de ma s½ur déclinait fortement. Mais je me suis dit que cela ne serait pas bien. Une comédienne qui parle de sa s½ur... Et puis au bout de cinq ans la colère s'amplifiait et la nostalgie de la beauté de Sabine, son état qui déclinait m'a convaincu ».
Le but du film est « de sensibiliser le regard des autres au handicap et de faire bouger les pouvoir publics ». « Pourquoi y a-t-il si peu de centre spécialisé en France ? », s'interroge l'actrice. « Je ne montre pas du doigt les hôpitaux. Mais ce sont des lieux de soin, donc de transition, et en aucun cas un lieu de vie. Y vivre cinq ans comme Sabine fait que l'on devient fou... C'est tout un système social qu'il faut revoir ».
Sandrine Bonnaire se présente « juste comme un messager » des autistes. « Aujourd'hui, il faut avoir un nom pour toucher les gens de près. C'est malheureux mais c'est comme cela. Alors si je peux faire avancer les choses je continuerai » souligne l'actrice qui a rencontré mercredi le président de la République sur ce problème.
G. A.-T.
Le documentaire, qui a reçu le soutien de la région Champagne-Ardenne, sera diffusé vendredi 14 septembre à 20 h 55 sur France 3. Il sera dans les salles de cinéma en janvier prochain.