(Jean Charles JUHEL, toujours)
Difficultés relationnelles
Rien à voir avec la timidité, ni retrait social volontaire. Ce ne sont pas les organes de la perception qui sont atteints mais l'usage qu'ils en font.
Pour l'enfant autiste, les humains sont des choses imprévisibles, bruyantes, changeantes, qui sont tout le temps en train de le déranger, alors qu'il désire un environnement stable, immuable. S'il avait le choix, il préférerait la compagnie d'objets inanimés à quoi que ce soit de vivant et qui bouge.
Ils vont d'une hyper-réponse aux sensations à une hypo-réponse.
Si ils sont capables d'agressivité envers eux-mêmes, ils n'ont généralement pas de manifestation d'agressivité comme peuvent en avoir les enfants qu jouent et se frappent entre eux. Désintérêt apparent pour les personnes de leur entourage. Quand il s'y intéresse c'est pour une partie du corps et non la totalité. On les dirait incapable de percevoir les autres dans leur totalité.
Sorte d'intérêt compulsif à certains objets. Il les manipule comme des choses, sans avoir conscience de leur utilisation.
On note une altération marquée de l'utilisation, des comportements non verbaux multiples, tels le contact oculaire, la mimique, les postures corporelles, les gestes, pour réguler les interactions sociales. Ils interprètent souvent de façon complètement fausse les expressions faciales et se mettent à rire lorsque quelqu'un pleure ou vice-versa.
Ils ne cherchent pas spontanément à partager leurs plaisirs, leurs intérêts ou leurs réussites avec d'autres personnes. On les voit rarement désigner du doigt des objets qui leur plaisent ou en montrer un qu'ils aiment particulièrement.
Tous ces comportements correspondent à la difficulté qu'ils ont d'appréhender le monde extérieur, d'entrer en contact avec lui. La capacité spontanée, instinctive de comprendre ce que les autres pensent et ressentent leur fait défaut.
La personne autiste est confrontée à l'incapacité de construire une théorie de l'esprit, c'est-à-dire penser que les autres ont une pensée propre. D'où l'incapacité par exemple de comprendre l'ironie, le mensonge et les formulations complexes de la langue (métaphore, allusions, sous-entendus) la personne autiste prend au sens littéral les expressions telles que « tu perds la tête » « j'ai les jambes coupées » « rentre toi ça dans le crâne »...
Les personnes autistes ont quelques fois des comportements embarrassants pour l'entourage. On peut cependant les aider à apprendre au moins certaines des règles de la vie sociale, de manière à ce qu'ils puissent se débrouiller un peu mieux dans ce monde probablement très déroutant à leurs yeux. Il faut expliquer et ré-expliquer pourquoi on peut faire ceci, pourquoi on ne peut pas faire cela, où, quand et comment. Et il faut recommencer souvent.
Les comportements particuliers
Il arrive souvent que les personnes autistes développent des habitudes, des routines. Elles deviennent très angoissées si l'on apporte des changements à leur environnement, comme si tout ce qui constitue notre monde habituel de vie était, pour elles, source d'une angoisse difficilement tolérable. Exemple ;les personnes autistes vivent dans un monde qu'elles ne comprennent pas ou difficilement, et au sein duquel elles ne peuvent pas ou presque pas se faire comprendre. Il n'est donc pas étonnant qu'elles se retirent apparemment de ce monde et manifestent de temps en temps leur impuissance en se frappant la tête contre les murs ou en hurlant de colère
Ils ont besoin d'un environnement stable et régulier. Ainsi, leurs « jeux » sont souvent mécaniques, répétitifs, fréquemment réduits à un alignement sans fin de petits objets, à des collections ou à la répétition inlassable d'un même mouvement (éteindre et allumer la lumière). Ils sont également fascinés par les objets qui tournent sans cesse. Ces comportements semblent traduire une difficulté à structurer l'environnement dans sa variabilité, à en extraire les règles, ce qui entrave la possibilité de le maîtriser.
Les personnes autistes manifestent une résistance importante aux changements de l'environnement. Elles ont en effet des comportements rituels, compulsifs et un attachement marqué aux objets et à leurs habitudes. Elles se construisent une image du monde avec beaucoup de difficulté et y incluent seulement les aspects concrets de leur environnement. Elles ont des difficultés à composer avec les usages complexes de leur environnement. Par exemple, des rideaux neufs dans une chambre créent pour la personne autiste une pièce complètement nouvelle.
Les personnes autistes sont plus à l'aise si leur monde est structuré et organisé, c'est-à-dire prévisible.
Cependant une fois la routine quotidienne installée il sera plus difficile de faire des changements. La résistance au changement sera plus importante. Il faut cependant procéder à des petits changements de temps en temps. Il faut alors demeurer ferme tout en les rassurant en leur montrant que ces petits changements ne sont pas dramatiques.