EN FRANCE
Elle a longtemps sous estimé l'importance de l'autisme.
L'approche française, influencée par le modèle psychanalytique, a traité les personnes autistes comme des malades mentaux et non comme des personnes handicapées ayant une déficience qui semble irréversible.
En mai 1996, le secrétaire d'Etat à la santé et à la sécurité sociale déclarait devant le Sénat : «L'opposition entre les tenants du tout thérapeutique et ceux du tout pédagogique a longtemps empêché la définition d'une politique volontariste et les personnes autistes sont restées les oubliées de notre société».
Dans les années 1990 : le pays s'est retrouvé avec de réelles difficultés de placement. Les moyens de dépistages ou de diagnostic étaient insuffisants et les enfants autistes se retrouvaient dans des établissements pour enfants déficients intellectuels, sans prise en charge spécifique.
Dans une majorité des cas, le suivi des personnes autistes est assuré par le service sanitaire, soit le service public (psychiatrie), soit par des établissement médico-sociaux (IME, IMPro, foyers de vie, CAT). Malgré cette organisation un certain nombre de personnes autists restent encore à la charge des familles parce qu'elles sont à la recherche d'une structure adaptée.
Aussi face au manque de moyens et à l'incohérence des théories sur l'étiologie et des discours pratiques sur la prise en charge de l'autisme, des familles se sont mobilisées.
Fin 1994 : l'association Autisme-France interpelle le Comité Consultatif National d'Ethique (CCNE), le ministère des affaires sociales, de la santé et de la ville et le conseil national de l'ordre des médecins. Cette association présente un « rapport sur le vécu des personnes autistes et de leurs familles en France à l'aube du 21ème siècle ». D'autres associations se joignent à Autisme-France et demandent à réviser les dispositions légales concernant les pathologies autistiques et apparentées.
Simone VEIL, ministre des affaires sociales de la santé et de la ville commande 3 rapports officiels : à l'IGAS (inspection générale des affaires sociales) pour effectuer un bilan de la situation de l'autisme en France ; à l'ANDEM (agence nationale pour le développement de l'évaluation médicale) axé sur l'étude comparative des méthodes de prise en charge de l'autisme ; à la DAS (direction de l'action sociale) sur l'accueil des personnes autistes. A ces 3 rapports s'ajoute l'avis du conseil consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE).
Conclusions de ces rapports: sérieuses carences quantitatives et qualitatives de la prise en charge, ainsi que le manque de coordination entre les différents secteurs (sanitaire, médico-social et social).
VEIL fait donc paraître en
avril 1995 une circulaire (AS/EN n°95-12) relative à la prise en charge thérapeutique, pédagogique et éducative et à l'insertion sociale des enfants, ados et adultes atteints d'un syndrome autistique.
L'une des principales lignes de force de cette circulaire est de proposer que la personne autiste soit prise en charge dans sa globalité par une équipe pluridisciplinaire, traduisant les aspects pédagogiques, éducatifs, soignants et de socialisation nécessaires à cette catégorie de handicap bien particulier.
Des comités techniques régionaux sur l'autisme se créent et sont chargés de réaliser des plans d'action régionaux quinquennaux pour améliorer le dépistage, l'orientation, l'adaptation des établissements et services aux besoins réels, ainsi que la formation des personnels spécialisés.
Le 11 décembre 1996: un texte législatif (loi n° 96-1076) modifie la loi de juin 1975 relative aux institutions sociales et médico-sociales et tend à assurer une prise en charge adaptée de l'autisme.
Le financement des mesures à prendre est précisé dans la circulaire DAS du
13 janvier 1997. Une autre circulaire d'avril 1998 définit la formation continue et l'adaptation à l'emploi du personnel.
La mise en place de ces mesures se fait progressivement mais trop lentement au goût de certaines associations.
En juin 1999, dans un rapport issu d'une enquête sur les conditions d'accueil des personnes autistes dans les établissements spécialisée, l'Union Nationale des Associations de Parents et Amis de pers handicapées mentales (UNAPEI) estimait que 60% des enfants dirigés par la CDES vers les etablissements spécialisés ne trouvaient pas de place. Les jeunes adultes étaient maintenus ds les institutions pour enfants et ado grâce à l'amendement Creton (1989).
Ce rapport met en évidence : l'insuffisance des moyens de dépistage et de diagnostic ; les etablissements hésitent à créer des services ou des groupes constitués uniquement de personnes autistes et les équipes, voulant garder une approche pluriprofessionnelle ne s'engagent pas dans des formations spécifiques ; peu d'échanges entre les équipes des etablissements et peu d'entre elles portent intérêt aux pratiques et aux théories développées sur le sujet ; les équipes educatives ne partagent pas suffisamment avec les familles les actions entreprises dans les etablissements ; pour les familles les relations avec la psychiatrie publique restent difficiles.
Malgré tout, les orientations en faveur de la personne autiste se sont concrétisées et les conclusions du rapport présenté au Parlement en décembre 2000
(
autisme :évaluation des actions conduites, 1995-2000) révélaient une avancée importante dans les réalisations. Ces mesures ont en effet permis de créer davantage de SESSAD, d'IME, de FDT, de MAS, de CAT et de structures expérimentales. Pour l'intégration scolaire des enfants autistes des classes intégrées supplémentaires ont été financées par l'éducation nationale. Des centres de diagnostic et d'évaluation ont été crées ainsi que 4 centres de ressources expérimentaux spécialisés sur l'autisme (Reims, Tours, Brest. Montpellier).
En France, une réelle volonté politique est engagée.
A la fin du rapport de décembre 2000 nous pouvons lire : « les pouvoirs publics ont déjà réalisés un pas décisif pour améliorer l'accueil des autistes, soulager leur entourage et respecter le libre choix des familles. Le processus engagé mérite d'être poursuivi et consolidé, au regard du fait que les besoins de ces populations ont été trop longtemps insuffisamment pris en compte et que les retards observés ne sont pas encore comblés. »
Nous constatons que
le 20ème siècle a apporté beaucoup de changement ds la vie des personnes autistes de même que dans celle des membres de leur famille et des intervenants. Nous nous sommes éloignés de l'approche basée sur l'incarcération pour en adopter une en conformité avec les droits de la personne afin d'aider les personne autistes à participer à tous les aspects de la vie. De nos jours, ns reconnaissons pleinement la nécessité du droit à l'égalité de tous ainsi que la valeur des droits, quelle que soit la capacité de l'individu, et nous admettons les différences qui font de chaque pers un être humain unique.