Un extrait de mon mémoire sur "LE TEMPS LIBRE ET L'AUTISME" ou Aider une personne adulte atteinte d'autisme lors des temps "libres", afin de contribuer à un mieux-être.

Ceci afin que chacun puisse comprendre comment je me positionne dans tout ce qu'il existe autour de l'autisme et de ses modes de compréhension.

Des propositions éducatives : perspectives de travail


1. Les différents courants de prises en charge existants

« L'autisme a été longtemps considéré comme une entité clinique rare, déficitaire, inguérissable. Sortant de la définition, importante mais trop restreinte, de Léo Kanner, des praticiens de toute discipline ont perçu que les grands signes de l'autisme, à savoir l'absence de réciprocité, les altérations des modes d'expression symbolique, les intérêts sensoriels inhabituels, l'enfermement dans l'immuabilité, pouvaient avoir une intensité variable. On se mit alors à changer les nomenclatures diagnostiques pour s'arrêter à l'heure actuelle sur le terme global de trouble envahissant du développement avec des sous catégories. »
Cet élargissement a eu de nombreuses conséquences :
- Il a fait connaître un trouble de la personnalité que peu de gens connaissaient.
- Il amena à découvrir que derrière des handicaps cognitifs et relationnels étiquetés tantôt autismes, tantôt dysphasies sévères, tantôt psychoses infantiles, tantôt syndrome d'Asperger, il y avait des éléments communs qu'il fallait autant regrouper que distinguer.
- Il a aussi permis de mieux cerner ce qui paraissait être le centre même des processus autistiques en sachant moins les confondre avec d'autres troubles précoces du développement qui freinaient eux aussi l'apparition du langage et des modalités d'expression. On se mit à parler de cliniques spécialisées des troubles envahissants du développement en les séparant des cliniques spécialisées des troubles graves de l'attachement.
- Il a permis à certains parents d'ébranler les forteresses médicales, psychologiques, psychanalytiques dans leurs pseudo certitudes, tout en les conduisant à s'associer à des praticiens, des pédagogues, des éducateurs qui se mirent à proposer des interventions spécifiques.
- Il invita de nombreux chercheurs à s'interroger davantage sur les origines de l'autisme.

A côté de ces conséquences encourageantes, demeurent pourtant des aspects décevants. En effet, l'autisme étant d'origine mal connue, chacun interprète les signaux à sa façon. Des hypothèses psychanalytiques aux hypothèses organiques en passant par les hypothèses cognitives et comportementalistes, nous pouvons constater que chacun tient à ses positions. Ainsi, on s'affronte au nom d'une vérité ou d'un idéal qu'en fait personne ne possède. Nous avons beaucoup de mal à admettre l'évidence : seuls les échanges sereins, seuls des essais contrôlés impliquant un nombre suffisant de sujets, seules des recherches orientées dans plusieurs directions, seule une lente avancée à partir de faits accumulés et communiqués pourront nous faire sortir de ce qui ressemble pour le moment à une impasse sur le plan du dialogue.

1.1 L'approche psychanalytique

C'est dans les années cinquante que commence, aux Etats-Unis, la grande vogue de la psychanalyse, après l'immigration massive d'intellectuels européens provoquée par la Seconde Guerre mondiale et l'angoisse que cette dernière a fait naître sur les capacités de l'homme à détruire son environnement. Les théories de Bruno Bettelheim sur l'autisme connaissent alors un immense succès. Relation est faite entre les traits de personnalité supposés négatifs des parents et la pathologie présentée par l'enfant autiste. Les mères surtout, seront « conviées » à s'allonger sur le divan pour réfléchir aux raisons de leur « rejet inconscient », donné comme l'origine des troubles de l'enfant problème.

Le but d'un traitement psychothérapeutique avec les personnes atteintes d'autisme « n'est pas tant de déceler la cause ou les causes prétendument psychiques de leur pathologie mais avant tout de redonner vie à un fonctionnement mental »
En pratique, comme le rappelle Hochmann, « la psychothérapie n'est pas dissociable de l'éducation » et son ouverture sur un réseau de relations ainsi que le travail avec les parents sont indispensables. Malgré les différences de méthodes, les thérapeutes visent à ouvrir la personne autiste à la relation à autrui et à lui-même, à lui permettre d'identifier progressivement sa capacité de représentation et de réinvestir son appareil psychique. Deux exemples illustrent les modalités actuelles en France des psychothérapies.
Hochmann décrit sa pratique de la psychothérapie avec les enfants autistes. La prise en charge individuelle est confiée à un thérapeute de référence qui rencontre l'enfant au moins trois fois par semaines pour des séances fixes d'une heure environ dans un lieu précis. Cette prise en charge s'articule autour de deux temps, celui du maternage symbolique permettant à l'enfant d'éprouver concrètement des émotions voisines de celles qu'il a pu éprouver dans les contacts avec sa mère, et ensuite celui du « conte » qui est le temps où les émotions sont nommées, attachées à des représentations et articulées.
Pour Houzel, la psychothérapie de type analytique utilisée dans l'autisme permet « en élucidant le sens des symptômes, des sentiments qu'ils suscitent chez l'entourage, de percevoir les états internes de l'enfant, de deviner ses émotions, de l'aider à entrer dans le monde de la communication » . Sa pratique est basée sur la mise en place d'interventions précoces à domicile par une équipe de soin. Le protocole thérapeutique a pour objectif premier de favoriser les capacités de communication de chacun des protagonistes. Il s'appuie sur des entretiens mensuels avec les parents, des visites à domicile assurées par un infirmier formé à l'observation des nourrissons et supervisées par un psychanalyste, et sur la psychothérapie de l'enfant quatre fois par semaine sur une durée de quarante-cinq minutes.


Je tiens à préciser que dans le rapport effectué par l'ANDEM en 1994 (Agence Nationale pour le Développement de l'Evaluation Médicale) on note qu'il n'existe pas d'études publiées dans la littérature qui évaluent de façon systématique les résultats des traitements psychanalytiques seuls, sur un groupe de personnes autistes. Il semble indispensable de mettre en place une méthodologie évaluative des diverses formes de traitements psychanalytiques.

1.2 L'approche cognitive, les prises en charges comportementales

« La théorie cognitive postule que la pensée est liée au fonctionnement du cerveau, et peut être envisagée comme un traitement de l'information. »
La cognition, c'est l'ensemble des opérations mentales qui servent à traiter les informations venant de l'environnement. Les défaillances cognitives dans l'autisme sont l'attention et le stockage de l'encodage.
Il faut tenir compte des problèmes cognitifs d'une personne atteinte d'autisme en mettant en ½uvre une éducation individualisée.

La théorie cognitive est souvent représentée par la méthode TEACCH , une éducation structurée.
Ce programme s'est développé à partir des années soixante, en Caroline du Nord. Les auteurs de ce programme considèrent l'autisme comme une déficience organique des fonctions cognitives. Dans leur approche, l'accent est mis sur l'incompétence sociale considérée comme caractéristique du handicap.

Ce programme repose sur une prise en charge cognitive et comportementale dans laquelle parents et professionnels cherchent à développer les compétences de l'enfant autiste et à lui donner des stratégies de compensation.
L'objectif est d'aider l'enfant dans son adaptation dans tous les milieux de vie : la maison, la communauté et l'école. L'accent est mis sur plusieurs points :
- La collaboration parents/professionnels. Les stratégies éducatives doivent être connues des parents et des professionnels. Les parents doivent pouvoir comprendre et participer aux choix des buts pédagogiques.
- L'évaluation, à la fois formelle (à l'aide d'outils standardisés tels que la CARS et le PEP ) et informelles (dans les situations de la vie quotidienne pour évaluer les stratégies mises en place par les personnes autistes pour surmonter leurs difficultés), avec pour objectif d'élaborer un programme individuel adapté au profil particulier d'aptitudes et de déficits. Ces programmes s'appuient sur les points forts, sur les intérêts et les émergences de la personne.
- L'aménagement de l'environnement quand un apprentissage n'est pas possible
- La structuration de l'espace (aménagement de l'espace où la personne effectue toujours la même activité, minimisation des distracteurs)
- La structuration du temps (utilisation de support visuels adaptés au niveau de développement et de moyens favorisant la prévisibilité des évènements tels que l'utilisation de pictogrammes...)

Le succès de ce programme est dû en grande partie au fait qu'il rejette les approches psychanalytiques trop longtemps exclusives et mal perçues des parents culpabilisés et blessés par des intervenants maladroits. Cette méthode donne aussi à l'intervenant des points de repères solides:
- Savoir regarder les émergences.
- Insister sur la nécessité d'offrir un nombre suffisant d'heures d'accompagnement pour être efficace.
- S'appuyer sur la conviction que la personne peut changer si elle devient motivée à aller dans une certaine direction.
Cette méthode a par contre ses limites. Elle a une visée normative et peut donc déboucher sur des tentatives inacceptables de domination. De plus, elle néglige trop souvent la place du groupe. Elle se désintéresse étrangement de la signification possible d'un symptôme. Elle laisse beaucoup trop de côté les approches corporelles. Elle donne des résultats qui restent trop souvent immédiats sans que la personne puisse généraliser secondairement ses acquis. Si elle apporte souvent une base de départ intéressante, elle devient insuffisante lorsque commence à éclore l'univers des représentations.
Appliquée sans nuances, elle est réductrice et, malgré son projet de rendre la personne plus créatrice de son devenir, elle risque de l'introduire dans un univers plus fonctionnel mais trop limité à des comportements appris. Associée à d'autres interventions, elle a cependant son utilité.

2. Mon positionnement professionnel au regard de ces prises en charges

Il existe beaucoup de polémiques autour de l'autisme puisque personne ne peut affirmer avec certitude quelle en est l'origine et quelles sont les prises en charges les plus adaptées.
Mon optique est ici, d'avoir une vision la plus large et la plus souple possible, loin de ces polémiques. Tout ceci, afin de montrer mon positionnement professionnel lors de mes interventions auprès de personnes atteintes d'autisme.


2.1 Pour une compréhension globale de la personne

Il faut tenir compte des besoins, des envies et aussi des goûts de la personne atteinte d'autisme. Il faut ajuster les soins et les mesures éducatives à l'évolution de la personne tout au long de sa vie.
En effet, la personne handicapée n'est pas condamnée à mener à perpétuité une vie d'exclue ou de recluse. Aux termes de la loi du 11 décembre 1996 dite loi Chossy : « Toute personne atteinte du handicap résultant du syndrome autistique et des troubles qui lui sont apparentés, bénéficie, quel que soit son âge, d'une prise en charge pluridisciplinaire qui tient compte de ses besoins et difficultés spécifiques. Adaptée à l'état et à l'âge de la personne (...) cette prise en charge peut être d'ordre éducatif, pédagogique, thérapeutique et social » .

Je pense que la prise en charge des personnes autistes doit être pluridisciplinaire. Elle ne doit pas privilégier une seule et unique méthode mais une méthode de compréhension globale de la personne.
La prise en charge est donc d'ordre sociale, éducative et thérapeutique. Elle s'adapte à la personne car il n'y a pas un autisme mais des personnes autistes. Ce qui va être bénéfique pour une personne ne va pas forcément l'être pour une autre. Chaque personne est différente, qu'elle soit ou non autiste.

La fonction éducative met prioritairement l'accent sur l'observation. Tout au long de ma présence, de mon accompagnement et du « vivre avec », il s'agit de comprendre la personne pour mieux l'apaiser. Par ailleurs, la fonction éducative assure quotidiennement la satisfaction des besoins primaires, en référence à la pyramide de Maslow.
La fonction thérapeutique face au « morcellement » des personnes tel qu'il apparaît, interroge l'observation et les hypothèses de compréhension. En prise avec le quotidien et la dimension éducative, la fonction thérapeutique contribue à donner du sens à la prise en charge.
Du fait de la grande dépendance des personnes, l'inscription sociale des adultes est soutenue par la famille et par l'établissement qui deviennent « porte parole » des capacités des personnes.
Les dimensions éducatives et thérapeutiques, impliquées l'une à l'autre dans les interactions quotidiennes, et l'inscription sociale relayée par les familles et l'établissement ont pour principale fonction d'inscrire chaque personne comme citoyenne.
Presque tout le monde s'entend pour souligner à l'heure actuelle le rôle déterminant des interventions éducatives et pédagogiques dans l'approche des personnes atteintes d'autisme.
Les points de vue divergent sur les étiologies possibles de l'autisme et sur les significations proposées des symptômes entraînant évidemment de nombreuses controverses quant aux approches éducatives et thérapeutiques à privilégier.
Cependant je défends la thèse d'une approche pluridisciplinaire pour une compréhension globale de la personne et non une seule et unique approche. J'ai pu me rendre compte de l'importance d'une équipe pluridisciplinaire pour une meilleure prise en charge. En effet, cela permet de ne pas avancer seule, de se remettre en question, d'échanger nos points de vue sur une situation et ainsi répondre avec plus de justesse aux réels besoins des personnes. Cela nous préserve d'un possible « sentiment de toute puissance » qu'il serait aisé de ressentir auprès de personnes autistes. « Une équipe pluridisciplinaire n'est pas un groupe de personnes pensant la même chose. Elle n'a de sens que si ses membres peuvent offrir une complémentarité de points de vue. »

Bernadette Rogé évoque l'importance d'une approche pluridisciplinaire de l'autisme. Effectivement, la loi en vigueur en France prévoit, que depuis peu de temps, la prise en compte des besoins éducatifs des personnes porteuses d'autisme. En effet, c'est la loi Chossy du 11 décembre 1996, qui évoque le fait d'assurer une prise en charge adaptée de l'autisme. Dans son article 2, la loi prévoit que « les personnes autistes doivent bénéficier d'une prise en charge pluridisciplinaire tenant compte de leurs besoins dans le cadre d'une approche éducative, pédagogique, thérapeutique et sociale ».

Dans un premier temps, la prise en charge de l'autisme répondait à un modèle essentiellement médical, l'aspect médical étant d'ailleurs limité à l'abord psychiatrique des troubles. Or, si l'intervention des médecins est effectivement indispensable, elle se doit d'être pluridisciplinaire au niveau du diagnostic, des investigations qui l'accompagnent, dans le but de préciser l'étiologie, et dans le suivi des pathologies associées. Les pédiatres, neuropédiatres, et neurologues ont donc un rôle déterminant à jouer dès le niveau du diagnostic mais aussi dans le suivi des personnes.
En dehors de cet apport médical indispensable, l'attention doit être focalisée sur la personne et ses besoins propres sans la placer automatiquement dans le rôle d'un malade.
Les actions les plus complètes et les plus productives en faveur de la qualité de vie des personnes autistes sortent du champ de la médecine pour s'intéresser à la vie quotidienne dans la famille et à l'insertion dans la communauté sociale.
La personne atteinte d'autisme ayant développée des compétences grâce à une éducation de qualité peut, la plupart du temps, vivre parmi les siens ou dans un établissement sans difficulté majeures si l'environnement est suffisamment sensibilisé à ses modes de fonctionnement particuliers.
Mais l'autisme comporte aussi des aspects plus problématiques avec des troubles anxieux, des manifestations obsessionnelles, des troubles dépressifs, des troubles du comportement parfois irréductibles par l'aménagement de l'environnement. C'est à ce niveau que les interventions du psychiatre s'avèrent indispensables. Elles sont également utiles pour la famille.
Ainsi, le médical qui doit être présent dans le dispositif d'aide aux personnes atteintes d'autisme, peut prendre pleinement sa place dans une organisation où les services utiles à la personne handicapée n'ont pas un caractère systématique mais sont sollicités en fonction des besoins qui se manifestent.

L'intégration sociale des personnes handicapées mentales, même si elle est prévue par la loi, soulève encore de nombreux problèmes en France. Notamment dans le domaine de l'autisme, longtemps perçu comme une maladie mentale, l'ouverture des ressources offertes par la communauté sociale reste souvent problématique. La valeur préventive des interventions éducatives, qui limitent le développement des troubles du comportement dans la mesure où elles facilitent l'adaptation de la personne à son environnement physique et social, n'est pas encore appréciée à sa juste mesure.

« Au niveau de l'intervention, différents types de prise en charge sont proposés. Le dispositif comporte des hôpitaux de jour et des établissements du médico-social. Les places dans ces structures ne sont pas suffisamment nombreuses pour couvrir les besoins et un nombre encore trop grand de personnes atteintes d'autisme reste sans solution d'accueil. La part qui est faite aux soins et à l'éducation est variable et l'aspect soins est rarement défini d'une manière qui permettrait réellement d'en cerner le contenu et d'en évaluer la portée. »

Aider les personnes atteintes d'autisme c'est leur permettre d'accéder à une condition digne qui va de pair avec une insertion sociale de qualité. Cela passe par l'identification de leur trouble, la compréhension de leurs particularités et l'organisation de services qui leur permettent de se développer au mieux de leurs potentialités pour trouver une place dans la communauté sociale. Cela suppose la prise en compte des progrès réalisés en matière de recherche scientifique.
Il faut rompre avec les modèles anciens, arrêter de considérer ces personnes comme des malades à vie, au sens psychanalytique, et mettre en place le dispositif qui leur convient. Cette démarche passe par la définition des besoins, la définition des moyens et par les décisions qui en découlent.
« Les besoins d'une personne atteinte d'autisme se déclinent selon trois axes principaux: le médical, l'éducatif et le social. Ces besoins ne sont pas identiques aux différentes étapes de la vie. Le volet médical est décisif au moment du diagnostic clinique et étiologique. Il s'inscrit ensuite dans une ensemble de services qui doivent être disponibles mais pas imposés et surtout pas systématiques. »

L'éducation est par contre l'axe fort, le fil rouge qui va permettre à la personne atteinte d'autisme de traverser la vie en saisissant toutes les opportunités d'apprentissages. L'éducation doit prendre en compte les points faibles et les points forts ainsi que les aspects singuliers de leur développement. Réussir l'éducation d'une personne atteinte d'autisme, c'est lui donner les outils lui permettant de communiquer et de devenir le plus autonome possible.

« Les modes de compréhension sont actuellement multiples et il y a une absolue nécessité à essayer de valider nos connaissances sur le plan scientifique (...). Il est nécessaire de se situer à l'écart des positions extrêmes en gardant à l'esprit l'hétérogénéité de l'autisme et en conséquence la nécessité de sa prise en charge individualisée. »

2.2 De la prise en charge vers la prise en compte

« L'accessibilité à la vie sociale réclame une prise en compte de la différence, et la mise en place des aides destinées à aplanir les obstacles. Comme les personnes handicapées physiques ont besoin d'aménagement de l'environnement et d'outils pour compenser leurs déficits, les personnes atteintes d'autisme ont besoin des adaptations qui leur rendront le cadre de vie lisible et attractif. Ils doivent pouvoir s'appuyer sur des outils qui leur permettent d'accéder à la communication et au partage social. Les moyens ont à être pensés en fonction des besoins individuels de la personne, à être élaborés "sur mesure" et en fonction des connaissances actuelles sur l'autisme. » Cela signifie que les pratiques doivent être revues à la lumière des faits nouveaux et que ces pratiques doivent être évaluées afin de s'inscrire dans un dispositif d'aide le plus performant possible. L'éducation comme principale thérapeutique est maintenant validée dans un grand nombre de pays étrangers.
« La meilleure compréhension du syndrome autistique et la prise en compte des caractéristiques propres à l'autisme ont fait évoluer les traitements de l'autisme vers l'éducation et la modification du comportement. Au lieu des psychothérapies supposées entraîner une ouverture sociale propice aux apprentissages, l'orientation éducative préfère engager la personne autiste dans la communication par l'apprentissage des outils de la communication, et lui apporter les éléments de son autonomie par des acquisitions organisées en fonction du niveau de développement et proposées dans un environnement aménagé pour faciliter la réussite, la motivation, et donc la progression. »

Quand on parle de prise en charge on parle de « cas ». Quand on parle de prise en compte on parle alors de « situation ».
Le cas concerne toujours autrui et autrui seulement. Ce terme désigne des personnes confrontées à des problèmes, à des soucis plus ou moins aigus, qu'elles ne parviennent pas ou peu, à gérer. Pour qu'il y ait « cas », les personnes sont supposées prises dans leurs problèmes. « La notion de "cas" nécessite de situer les personnes en position de non savoir. Moins on est supposé savoir, plus on est un cas » . Cette notion de « cas » renvoie à une place de l'usager du côté du manque et celle de l'intervenant du côté du plein.
Si on raisonne alors en terme de « cas », pour qu'une prise en charge puisse se faire, cela suppose que la personne destinataire de cette prise en charge ne fasse pas preuves de réticences et de résistances excessivement marquées. Il faut qu'elle s'installe dans le rôle sous lequel l'intervenant est à même de l'accueillir (personne en détresse, en difficulté, en souffrance...). Il faut qu'elle joue le jeu.

Il faut, à mon sens, faire la différence entre prise en charge et prise en compte dans la mesure où la place de la personne accueillie va être différente si l'intervenant la considère comme un « cas » ou comme une « situation ». Je m'explique: « il y a intervention sur un cas sur lequel l'intervenant se penche, mais il y a intervention dans une situation au sein de laquelle l'intervenant est engagé ».

Quand il s'agit d'un cas, donc d'une prise en charge, l'objectif est d'établir une relation éducative, une relation d'aide. S'agissant d'une situation, donc d'une prise en compte, un apprentissage réciproque a lieu entre usagers et intervenants, un échange de savoirs et de savoirs faire, des confrontations et des alliances. Intervenant et usagers s'accordent pour faire quelques pas, pour construire quelque chose ensemble. L'intervenant doit ici faire preuve d'empathie. Il doit se « mettre à la place » de la personne.

L'intervention dans la prise en charge s'attache à des incapacités et des dysfonctionnements, à des problèmes. Il s'agit de faire pour l'usager.
L'intervention dans la prise en compte s'attache à des caractéristiques et à des fonctionnements, à des questions qu'il s'agit de déployer, à des interrogations qu'il s'agit de déchiffrer. Moins pour en venir à bout que pour banaliser et contribuer à leur élaboration, avec l'usager.

Mon travail auprès des personnes adultes atteintes d'autisme est donc passé de la prise en charge vers la prise en compte. En effet, au début, il faut d'abord se connaître et se reconnaître. Ce qui va tout de suite marquer lorsque nous sommes près de ces adultes atteints d'autisme ce sont leurs difficultés dans la vie quotidienne, leur manque d'autonomie. On va donc les prendre en charge pour les actes de la vie quotidienne. Mais peu à peu, on se rend compte aussi que ces adultes ont certaines capacités, certaines possibilités qu'il nous faut développer. En tenant compte de leur histoire, de leur vécu, de leurs potentialités nous allons alors les prendre en compte. On ne va plus s'attarder sur ce qui fait défaut mais sur ce qui est en émergence.
En prenant en compte les personnes nous les plaçons au c½ur de leur projet, nous faisons avec eux et non à leur place.
Il faut respecter la personne en la voyant non seulement avec ses aspects déficitaires, mais aussi dans ses émergences et dans la signification possible de ses comportements. Cela nécessite d'admettre que la personne a aussi des limites. Vouloir aller plus loin que ces limites, ce n'est pas respecter la personne en tant que sujet.

La prise en compte repose donc sur le fait de savoir attendre mais aussi saisir les moments privilégiés où des mouvements peuvent être accompagnés, sollicités et parfois provoqués. Cela nécessite une observation de tous les instants et une communication efficace entre chaque intervenant gravitant autour de la personne atteinte d'autisme.

2.3 Une pédagogie différenciée

J'entends par pédagogie différenciée, le fait d'individualiser autant que possible nos interventions.
La pédagogie différenciée a été introduite par Louis Legrand en 1973. Il s'agit de « la prise en compte des individus tels qu'ils sont dans une école unifiée qui exige la capacité donnée aux enseignant, d'aménager les programmes et les méthodes » . Cette définition s'applique à l'école mais je pense qu'elle peut aussi s'appliquer dans le cadre de mon intervention auprès des personnes adultes atteintes d'autisme.
La prise en compte des personnes atteintes d'autisme ne peut pas être la même d'une personne à une autre. Cela doit être individualisé.
En effet, il est important de reconnaître les différences de chacun. Les personnes accueillies sont issues de divers environnements socioculturels, ont des modes d'expressions différents, ont un mode de perception, des rythmes d'apprentissages distincts et leurs comportements, leur histoire personnelle sont tout aussi différents. Il faut alors regarder la personne comme quelqu'un d'unique, devant construire son savoir, ses apprentissages à partir de ses caractéristiques propres.
Il s'agit alors d'un mode de travail. C'est une démarche qui cherche à mettre en ½uvre un ensemble diversifié de moyens et de procédures d'apprentissage, afin de permettre aux personnes d'aptitudes, de comportements, de savoir-faire hétérogènes, d'atteindre par des voies différentes des objectifs communs. Il faut avant tout repérer les besoins et adapter les méthodes à ses besoins et ne pas faire l'inverse, c'est-à-dire qu'il n'existe pas une seule et unique méthode.
Dans le cas de la prise en compte des personnes adultes atteintes d'autisme, il ne s'agit donc pas d'uniformiser un ensemble mais bien de répondre à leurs besoins en fonction de leurs capacités et incapacités. C'est pourquoi il n'existe pas une « recette miracle » dans le traitement de l'autisme. Une méthode peut convenir pour un adulte alors qu'elle échouera pour un autre. Ce qui va fonctionner pour Adrien ne va pas forcément convenir à Franck. En effet, ils n'ont pas les mêmes centres d'intérêts, les mêmes réactions, le même vécu.

La combinaison de plusieurs méthodes peut aussi apporter plus de possibilités d'évolution. Le choix de l'intervention doit se faire en fonction de la personne prise en compte. C'est en observant attentivement, en décodant et en tâtonnant que l'intervention va pouvoir prendre corps.

2.4 Pour une relative ligne directrice dans les prises en compte

Les difficultés rencontrées lors de la prise en compte des adultes atteints d'autisme peuvent se traduire par la difficulté d'obtenir une relative ligne directrice dans la prise en compte des personnes adultes atteintes d'autisme.
En effet, beaucoup de personnes gravitent autour des adultes accueillis. Chaque intervenant a donc une fonction déterminée qui contribue à l'accueil. La notion même d'accueil exige, dans le quotidien, des interactions entre les différentes fonctions.
Les fonctions éducatives, thérapeutiques et sociales forment un seul ensemble. Cette articulation étroite entre ces trois fonctions permet d'avoir une prise en charge contenante et d'interroger le sens des actions.
Pour que chaque intervenant puisse avoir une certaine ligne directrice dans la prise en compte des adultes atteints d'autisme, il est nécessaire d'harmoniser ces prises en compte, tout ceci en faveur de la personne accueillie.
La difficulté réside dans le fait de coordonner une vingtaine de personnes. En effet nous travaillons auprès d'être humain et avec des êtres humains, chacun ayant sa propre personnalité. Tout le monde ne peut donc faire tout à l'identique. C'est là la richesse de chacun. Cependant, une ligne conductrice commune dans la prise en compte des adultes accueillis serait idéale. Il faut pour cela que chacun réfléchisse pour et avec qui il travaille. C'est toute la fonction de l'éducateur spécialisé d'amener les équipes à réfléchir sur leur prise en charge pour les amener vers la prise en compte et ainsi remettre la personne accueillie au centre de l'intervention. Pour cela, l'éducateur spécialisé doit apporter aux équipes son sens de l'observation et l'analyse de ses observations. L'éducateur spécialisé doit ainsi favoriser les échanges entre les équipes pour dégager un sens commun dans le travail de chacun auprès de personnes adultes autistes.
C'est tout ce travail que j'ai dû et pu mettre en ½uvre afin d'amener les équipes à réfléchir sur cette notion de temps « libre » pour les personnes atteintes d'autisme. C'est en partagent mes observations, en questionnant, en écoutant et en proposant aux équipes, que j'ai pu mettre en place une intervention plus adaptée pour Adrien par exemple.
Il m'aurait fallu plus de temps pour le faire avec d'autres adultes accueillis pour qui, structurer ce temps « libre », aurait été bénéfique. Je pense ici à Franck et Axel mais aussi à toutes les personnes atteintes d'autisme pour qui temps « libre » non structuré est synonyme d'angoisse.
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# Posted on Tuesday, 23 May 2006 at 3:58 PM

Edited on Monday, 25 June 2007 at 4:22 PM

La sexualité chez la personne autiste

Pour la plupart, ils ne savent pas trop ce qui se passe. Ils ont des comportements masturbatoires, ne savent pas comment faire, il faut leur apprendre. Il y a ceux qui aiment bien mais qui ne savent pas comment s'y prendre. Ceux-là se font larguer parce qu'on les trouve bizarres. Et il y a ceux qui ne sont pas intéressés, qui ont une vie sexuelle solitaire qui leur convient très bien et ne recherchent pas l'autre.
Temple Grandin, qui est une autiste américaine de haut niveau, disait : " Je ne sais pas où ça mène " et elle n'avait pas l'air d'en souffrir. Mais ça peut aussi être l'origine de dépressions ou même de suicides. Il peut se dire : " tous les autres ont des copains, copines et moi j'y arrive pas. " Ce sont des personnes qui ont envie mais n'ont pas les outils pour."

# Posted on Monday, 22 May 2006 at 9:09 PM

Les différents discours sur l'autisme

Bruno Bettelheim (psychiatre émigré aux U.S.A. après la guerre) a fait des ravages. En 1950, il a proposé une théorie psycho-dynamique. Lui, il mettait l'autisme sur le compte du trouble de la relation mère-enfant. Selon lui, l'enfant ressentait le rejet inconscient de la mère et se renfermait dans sa bulle. Ce phénomène de culpabilisation a induit un type de thérapie qui prenait en charge la maman, puisque c'était de sa faute, pour qu'elle aille mieux et de ce fait que l'enfant aille mieux.
En Europe, les précurseurs du changement ont été Theo Peeters (neurolinguiste belge) et Catherine Milcent (psychiatre française) avec l'application du programme éducatif TEACCH (Treatment and Education of Autistic and Related Communications Handicapped Children) au début des années 80.
Mis en place aux Etats-Unis (en Caroline du Nord), en 1972, par Eric Schopler, le programme repose sur des principes philosophiques, une façon de penser la personne atteinte d'autisme. Il préconise une adaptation réciproque, un partenariat avec les parents considérés comme co- éducateurs. Mais le programme est loin d'être aussi exhaustif qu'aux Etats-Unis. Comme je le dis souvent : " il fait pas bon d'être adulte autiste en France ".
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# Posted on Monday, 22 May 2006 at 9:05 PM

L'autisme selon Evelyne ARTI, Neuropsychologue

Cela fait 12 ans qu'Evelyne est " passionnée " par l'autisme. Après 6 années d'études, elle part se former au programme TEACCH aux Etats-Unis, d'où elle revient avec de grands espoirs. Aujourd'hui, elle se rend dans les familles pour évaluer les compétences de personnes autistes, enfants comme adultes, et propose un programme adapté, personnalisé à chacun. Très investie, elle parcourt la France pour former des gens à l'autisme, parents comme éducateurs.

Définition de l'autisme :
L'autisme est un trouble envahissant du développement, avec atteintes qualitatives au niveau des interactions sociales, de la communication, de l'imagination, et une tendance à une forte résistance au changement. C'est la définition " scientifique ". J'ai une vision plus personnelle et que je cite souvent quand je suis en formation: " Vous savez, être autiste, c'est comme être dans le métro sans repères visuels pour vous orienter ". On ne peut pas s'en sortir, y'a de quoi paniquer. C'est ça l'angoisse de l'autisme : le chaos total.

A quoi reconnaît-on l'autisme ?
Dans l'autisme, il y a trois domaines. Le premier, celui de l'interaction sociale qui est de l'ordre des expressions faciales, du contact oculaire, de la posture, des gestes conventionnels. Un enfant qui évite votre regard, un enfant qui rit quand sa maman pleure, on se dit " il est bizarre... ".
Le deuxième domaine, concerne la communication, et pas seulement le langage. 50% des autistes parlent, donc l'autre moitié ne parle pas. Ils ont une façon de communiquer différente. Ils font des écholalies. Un enfant à qui on demande : " Tu veux un yaourt à la fraise ou au chocolat ? " va répondre " à la fraise ou au chocolat ? ", on est bien avancé. Ils font des analogies, c'est à dire qu'ils créent des mots qu'on ne comprend pas mais qui signifient quelque chose pour eux et qu'ils répètent. Beaucoup emploient le " tu " pour le " je ". Ils ne savent pas comment utiliser la communication et ils n'ont pas compris que la communication peut servir à obtenir des choses.
Le troisième domaine, regroupe les comportements stéréotypés : la routine spécifique, les rituels, le maniérisme (balancements, etc.), les intérêts restreints. Un autiste pourra citer la liste de toutes les espèces de dinosaures ou de toutes les capitales du monde par c½ur mais si je lui pose une question, il ne saura pas répondre. Ce n'est pas social, ça n'entre pas dans un échange, c'est la liste point. Les autistes ne savent pas quoi vous dire, ils sont mal à l'aise. On se dit : " mais mince, je ne l'intéresse pas ! " alors que ce n'est pas sa faute, il n'a pas le programme génétique pour.

Le diagnostic :

Les critères autistiques doivent être présents avant l'âge de 3 ans. Avec un peu de chance, le diagnostic peut être établi vers 4/5 ans. La France a encore trop de retard. Il existe trois grands centres de diagnostic en France (Toulouse, Tours et Paris) où les listes d'attente sont catastrophiquement longues. De nombreux enfants sont mal diagnostiqués selon la conception d'il y a 50 ans. On dit aux parents : " votre enfant a des troubles du comportement ", ça veut tout dire et rien dire à la fois. Ce n'est pas un diagnostic en soi. C'est comme " psychose infantile ", ça ne veut plus rien dire maintenant. Les erreurs, les amalgames de diagnostic conduisent à des catastrophes par des prises en charge non adaptées. C'est un gros problème purement français de classification. Les psychiatres n'utilisent pas la classification internationale.

Les différentes formes d'autisme :
Le terme autisme, ne regroupe pas " un autiste type " mais une multitude d'autistes. Il y a des profils très hétérogènes. Mais on peut tout de même recenser 4 grands profils.
Les personnes touchées par le syndrome d'Asperger ont un développement du langage normal et sont dotées d'une intelligence normale, voire supra-normale. Ce sont des personnes un peu pédantes, entre guillemets. Parfois, il faut aller chercher le dictionnaire parce qu'on ne comprend pas tous les mots. Petits, les enfants veulent tous aller dans la chambre de leurs parents. Un enfant de 6
ans " Asperger " restera devant le pas de la porte et dira : " Maman, papa, auriez-vous l'obligeance de me laisser entrer dans le lit ? ". En fait, ils ne sont pas pédants volontairement, c'est seulement leur manière d'utiliser le langage. Mais ce n'est pas pour autant qu'ils ont une communication avec l'extérieur.
A la différence de l'Asperger, un autiste de haut niveau n'a pas un développement du langage normal, il commence à parler tardivement vers l'âge de 4/5 ans. Ce sont des personnes qui ont les caractéristiques autistiques sans retard mental associé. Il faut savoir que dans 80% des cas, l'autisme est associé à un retard mental.
L'autiste dit classique (beaucoup de parents emploient le terme " autiste
moyen ") connaît un retard mental léger à moyen et présente les critères de l'autisme.
En fait, plus il y a de présentations du syndrome autistique, plus c'est fréquent et important, plus le cas va être lourd. C'est le cas de l'autiste de bas niveau, qui a une atteinte très importante au niveau des symptômes et un gros retard mental. Il y en a qui ont des mimiques, un masque... C'est l'autiste profond qui se balance, qui va faire une collection de tubes de dentifrices, celui dont on a souvent l'image, complètement renfermé.
Il y a des cas très différents. J'ai mis plusieurs années avant de me dire : " tiens, untel ressemble à untel. "
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# Posted on Monday, 22 May 2006 at 9:03 PM

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Autisme France

Autisme France a été créée en 1989 à l'initiative de parents d'enfants autistes ou atteints de troubles envahissants du développement.
Aujourd'hui, grâce à ses associations partenaires et affiliées et à ses délégations départementales, Autisme France forme un grand mouvement d'espoir et de solidarité.


Association ALEPA

Equipe d'étudiants bénévoles qui proposent des activités de loisir, des sorties éducatives et des séjours aux jeunes autistes (enfants, ados, adultes) de la Vienne.
Contact : 06 76 36 65 68
Email
alepa86@voila.fr


Autistes sans frontières

Coordination de plusieurs associations de parents d'enfants autistes qui militent en faveur d'une prise en charge éducative précoce et/ou soutenue pour aider les personnes autistes à progresser et leur offrir une perspective d'avenir.
Contact : Delphine Piloquet :
06 62 18 99 36 / 01 46 22 18 16
Email
delphine.piloquet@wanadoo.fr
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75 017 Paris


Sésame Autisme

Sésame Autisme Ile de France Ouest
92, avenue du 19 mars 1962
78 370 Plaisir
Tél : 01 34 81 04 44
Email
sesameautisme-idfo@wanadoo.fr


Urville

"URVILLE, Entre émotion et fascination, Cité imaginaire ou rêve visionnaire" de Gilles Tréhin. À l'âge de 8 ans, le diagnostic tombe, brutal : Gilles est autiste. À partir de 1984, à 12 ans, il commence à imaginer une ville, qu'il construit en Lego. Il la baptise "Urville". Mais les Lego ne sont pas taillés à l'échelle de son imaginaire. Il se met à réaliser ses premières esquisses. Près de 300 croquis aux formats A4 et A3 composent désormais Urville. Au fur et à mesure, Gilles lui invente une histoire, une géographie, une culture, une vie économique : il lui offre une âme. Ce livre en est le témoignage. C'est aussi le témoignage que l'isolement n'est pas irrémédiable en matière d'autisme. "Urville" (Editions Carnot, Paris 2004) est disponible à la FNAC, sur Amazon ou sur le site web de Gilles.

# Posted on Monday, 22 May 2006 at 8:56 PM

Edited on Thursday, 25 May 2006 at 6:22 PM